L’Eaumelie (Ft. Maissa Camara)

Un jour au carrefour
De la lune et la Grande Ours
Deux masses titanesques
s’affrontent de toute leur force
Pour nous les gens d’en-bas
On dit que le ciel s’assombrit
Un grand bruit retentit
Car chaque action a son prix
Les fruits de cette collision
Se précipitent vers le sol
Chacun choisit sa cible
De longues cordes de violoncelle
Qui tonnent, tombent et vrombissent
Suivant la force du Souffle
Et l’ombre de l’ondée
Piétine les pays d’en-dessous
Pouce après pouce
Elles couvrent et recouvrent tout
Un céleste allaitement
C’est comme la louve pour le louveteau
Car tous on dépend de cette matière nourricière
Les hommes, les plantes
Nos fermes et nos rizières
Tous les êtres de la forêt
N’étaient qu’une petite pousse hier
L’eau est à la gouttelette
Ce que la terre est à la poussière
Car si elles disparaissent
Il ne faut pas croire qu’elles se meurent
Elles s’en retournent vers le ciel
Comme Jésus-Christ en sa demeure

Man wooy na la borom Touba
(Louangeons le fondateur de la ville de Touba)
Hila lahòo Fall!
Man beugue na léen wòolu na léen (2x)
(Qu’il soit ici vénéré et respecté)
Wòolu na léen siyaaré na léen
(Et devant qui nous nous inclinons avec piété)
Hila lahòo Fall!
Man beugue na léen wòolu na léen (2x)
(Qu’il soit ici vénéré et respecté)

C’est le cycle de l’eau
Et le siècle de l’or bleu
Tous on appréhende le jour
Où le ciel ne pleure plus
Où les nuages et la brise
Nous retirent leur appui
Et qu’on passe l’après-midi
Au musée du parapluie

Avant que ne disparaissent
Chacun des glaciers de la Terre
Il faut vraiment arrêter d’être
Des gens silencieux comme la carpe
Si t’es anxieux
Je te tends la main les métacarpes
On a besoin de Superman
je t’en conjure mets ta cape
Vas-y et propage
Le message comme des prêtres-moines
Celui de la sauvegarde
De nos rivages et du patrimoine
Les voisins d’en-dessous
Lorgnent nos kilowatt / heure
Ça fait longtemps qu’ils demandent:
«Mais c’est à qui le water?»
Il faut bien comprendre
Les enjeux de la nouvelle ère
Où nos lacs et nos rivières
De plus en plus prennent de la valeur
Il faut en prendre soin
Comme on traite sa propre mère
Car tous proviennent de l’eau
De la matrice, la Grand-Mer